Retour sur scène réussi pour André Gagnon à L'Anglicane de Lévis


André Gagnon envoûte les spectateurs de L'Anglicane...le 22 octobre 2011 et dès son entrée sur scène il est chaudement applaudi par les amateurs qui ont hâte de l'entendre effleurer les touches et entendre ses dernières compositions ou de voir quel menu il a composé pour eux.

Doucereuse complainte que "pensée fugitive" nous amène; son doigté assuré ne trahit pas le trac dont il est victime au début du programme car la même qualité est toujours au rendez-vous. On aurait pu entendre voler une mouche tellement les gens portaient attention à chacun de ses mouvements, de ses soupirs musicaux.

Il se raconte et s'ouvre à nous comme si on était des invités dans son salon ou lui dans le nôtre et qu'il ne jouait que pour nous; si près dans un cadre enchanteur qui nous permettait de lire sa joie lorsqu'il interprétait , seul en solo, ses créations nourissant l'âme valsant sous tant de légèreté. "En do majeur" découle également de son dernier album et se laisse savourer d'une note à l'autre en nous laissant un certain sourire.

Selon ses dires, il n'est pas un virtuose mais il nous amène dans son voyage, son histoire, avec des virevoltes et humour quand il nous parle de concert de famille du dimanche matin, d'instants de partages simples et beaux, de "dimanche nostalgie"...souvenirs d'enfance heureuse qui représente sa vision d'un bonheur pur, inaltérable surgi des profondeurs de la mémoire.

Présenté dans la série "Les coups de coeur" et dans le cadre de Célébrations Lévis 2011, ce concert a dispersé sa magie avec simplicité, complicité et émotion particulièrement lorsqu'il interprète "Pour ma soeur en-allée" Madeleine qui a aimé inconditionnellement sa famille et qui est partie trop jeune, dans le temps des fêtes et il a eu la chance de revenir de Prague juste à temps pour recueillir son dernier sourire...les notes soyeuses glissent sous ses mains habiles et enveloppent ce souvenir fraternel qui a touché tous les coeurs à l'écoute.

Les récits accompagnant chacun des morceaux a su les entourer d'une aura magique, les rendant encore plus précieux à l'écoute et nous rapprochant presqu'intimement de l'homme plus que du pianiste qui nous offre la légèreté de l'amour, les jeux d'adolescent, les sentiments s'enfilant sur la brochette de sa vie et on l'apprécie encore plus après qu'il se soit ainsi livré, en nous traduisant le sentiment attaché en accompagnement.

Ses inspirations l'ont porté dans plusieurs parties du monde et que ce soit ses lectures, sa famille, le décor des voiles dansant sur le lac, la neige... il charme l'assistance en nous offrant son talent sur un plateau d'ivoire et d'ébène. On n'ose à peine respirer pour ne pas troubler le silence de l'instant qui nous transporte dans son monde sans frontière, aux abords de l'imaginaire et du sublime.

Il rappelle à notre souvenir "Neige" (qui vient de resortir en CD) et sa musique imagée qui projette en notre esprit ses flocons virevoltant de l'enfance à l'âge mûr, de l'espoir aux souvenirs, de dimanche matin au samedi soir de concert, du passage du temps, parfois trop court.

En rappel, "Blue moon", joué comme un cadeau d'une réelle beauté intemporelle glissant comme des perles féériques qui se collent à nous puis la soirée se termine en synergie, en chantant tous ensemble "parlez-moi d'amour" en signe de remerciement mutuel pour avoir partagé ces moments précieux de beauté musicale sans pareille.