L'Orchestre Symphonique de Lévis offre le réquiem de Brahms à son public

L'Orchestre Symphonique de Lévis présentait le 12 mars 2011 le requiem allemand op.45, de Brahms sous la direction de Gilles Auger et avec la participation spéciale des solistes Andréanne Guay (soprano) et Jean-Philippe McClish (baryton) du Conservatoire de musique de Québec, du Choeur Polyphonique de Lévis et du choeur Les Rhapsodes, soit 180 artistes sur scène à l'Eglise Notre-Dame de Lévis.

Pour l’OSL, le mois de mars nommé Mois de la Femme, représente une occasion inespérée de reconnaître l’apport indéniable de ces femmes d’exception qui ont contribué à bâtir la trame sociale du Québec mais plus spécifiquement à Lévis.

Que l’on parle de l’Éducation, la Santé ou des œuvres caritatives pour ne nommer que ceux-là, nombreux sont les secteurs d’activités où nos religieuses se sont dévouées.

Une belle façon pour l’Orchestre d’apporter une touche musicale et historique à sa programmation, dans le cadre des festivités entourant les 3 grands anniversaires de Lévis en 2011.

Cette première oeuvre orchestrale de Brahms, alors dans la jeune trentaine, a été entre autres inspirée par la perte de son maître, mentor et ami (Robert Schumann) et il puise ses textes dans les Psaumes, donnant donc à son requiem un ton beaucoup plus serein que dramatique et ayant choisi l'allemand comme langue car il voulait se rapprocher plus près du public que s'il avait utilisé le latin.

Afin de préserver l'intégrité de l'oeuvre et ne pas déranger la concentration des 180 musiciens et chanteurs dans l'interprétation de ce requiem, le Maestro a demandé au public de retenir leurs applaudissements à la toute fin; ils ont donc offert l'enchaînement des 7 mouvements sans entracte.



Les chants allemands s'élèvent en douceur soutenus par la puissance de l'orchestre qui cette fois fait partie intégrante de la salle de concert,s'étendant jusqu'aux premiers bancs, le coeur de l'Eglise battant au son des voix des choristes du choeur polyphonique de Lévis et du Choeur Les Rhapsodes qui joignaient leurs forces pour rendre la puisssance nécessaire de ce requiem magistral de Brahms.

Pour les premières rangées, la disposition particulière des musiciens rend l'expérience encore plus spéciale car on a vraiment eu la sensation de faire partie de l'orchestre et de sentir la direction du Maestro qui se donne entier à l'oeuvre coulant dans ses veines.

Voir glisser les archets de si près, le changement d'expressinos des visages des musiciens traduisant ces notes intemporelles et des choristes portant le message, demeure un privilège rarissime qui se savoure comme un cadeau offert en cette soirée hommage.

Dans certaines parties du requiem on peut facilement sentir la légèreté de l'âme dont les soucis s'envolent, cherchant le réconfort, la douceur des derniers instants; la puissance de la voix de Jean-Philippe McClish vient marquer le pas menant au non retour tandis que Andréanne Guay rend la douleur, le désarroi et la perte d'un être cher d'une voix angélique, s'élevant sans effort et traduisant bien le sentiment , même si langue allemande ne nous est pas familière.

L'ensemble réagit au Maestro qui vibre chacune des parcelles de ce requiem; il trésaute, ordonne le tempo vif ou doux, ses mains expriment la fougue, la douceur en alternance; elles ordonnent et exigent le puissance nécessaire et on peut lire sur son visage chacun des ions de ce chef-d'oeuvre faisant ressentir à ceux qu'il dirige ce qu'il attend de chacun , leur transmettant ainsi son feu sacré. Ce qui résulte en une vague musicale ininterrompue qui submerge les spectateurs présents qui se lèvent d'un bond pour terminer avec une ovation monstre de plus de 5 minutes en appréciation de la grandeur et de la magie musicale offerte.