Jean-Marie Zeitouni et Alexandre Da Costa avec L'OSQ...

Jean-Marie Zeitouni et Alexandre Da Costa avec L'OSQ, tout un spectacle au Grand Théâtre de Québec en ce mercredi 25 avril 2012 dans le cadre des programmes Sélection Desjardins et qui était jumelé avec un cocktail dînatoire bénéfice pour L'OSQ.

C'était ma première rencontre avec l'un des plus brillants jeunes chefs d'orchestre du Canada, soit Jean-Marie Zeitouni et son style coloré, son visage expressif séduit immédiatement. Il dirige avec finesse et doigté le "Tricorne" qui nous offre une course effrenée de style espagnol; chaud, envoûtant que tous les musiciens de L'Orchestre Symphonique de Québec rendent à merveille.

On y ressent la douceur de l'amour éperdu, les rires amusés de la jeune femme convoitée jusqu'aux déboires de l'amoureux éconduit, l'essence de la musique hispanique qui nous pénètre puis enchaîne avec le Scherzo pour cordes à consonnances plus dures et torturées.

Arrive ensuite Alexandre Da Costa qui prend la vedette dans "Tzigane" qui nous permet d'apprécier le jeu d'archet qu'il a, seul, sans artifice, qui s'offre ainsi à nous avec son âme de tzigane et les notes qu'il fait naître à chaque seconde créent une atmosphère propice à l'écoute de la moindre parcelle magique d'une interprétation extraordinaire de cette pièce de Maurice Ravel.

C'est au son de la harpe que se joint L'OSQ pour la partie plus endiablée de cette rhapsodie. Da Costa fait chanter son violon jusqu'à la note ultime, jusqu'au sommet de son art avec une énergie débordante, enflammant son archet que l'on croirait ensorcelé. La gamme des sons qu'il obtient est impressionnante et son jeu nous charme instantanément.

Si Carmen avait entendu son interprétation, elle aurait été séduite sur le champ comme toute la salle l'a été, musiciens inclus; il nous révèle avec splendeur le son de cette magnifique ode à l'amour et L'OSQ offre une splendide performance donnant un support à cette fantaisie explosive remplie d'intensité et de sensibilité.

Avant de nous quitter, sous une ovation soutenue, Alexandre Da Costa nous a offert un rappel imprévu en duo avec le premier violoncelliste de l'orchestre, Blair Lofgren, sur une pièce de Jimmy Hendrix... effet spécial garanti, duo époustoufflant.

En seconde partie, comme un envol d'oiseau, le rythme léger s'élève puis de course en galopade, l'orchestre nous parle, suivant le Maestro qui donne vie à cette symphonie. C'est comme si on assistait à l'éveil de la nature qui se prépare à combattre un fléau approchant à toute vitesse.

L'imagination est stimulée et nul doute que les dessinateurs de Disney auraient eu un plaisir fou à illustrer ces passages fougeux ou rêveurs selon le moment; que d'images dansant dans notre tête par tous ces mouvements rendus merveilleusement par L'OSQ .

La valse des fleurs, la danse de l'hippopotame, le jardin des elfes remplis de centaures jouant de le flûte, les cascades tumultueuses, la puissance et la grandeur sont au rendez-vous avec la magnificence de la musique où la royauté est couronnée et la beauté intérieure l'emporte et nous rend si léger qu'on pourrait flotter sur les notes qui s'échappent d'un univers magique qu'il nous suffit de découvrir à chaque détour.

On peut lire la symphonie sur le visage du Maestro qui montre toutes les émotions de la pièce qui se joue; si vous restez à l'écoute avec votre coeur et laissez votre imagination dessiner les notes, les transposer sans entraves, vous verrez combien le rêve musical peut être beau.